Marché des containers en Afrique

Les containers en Afrique

Entre 2007 et 2017, pas moins de 50 milliards de dollars auront été investis dans le secteur portuaire africain. Avec une croissance annuelle de 7 % des trafics maritimes et des volumes d’échanges multipliés par quatre, stimulés notamment par l’Asie, l’Afrique suscite un regain d’intérêt.

Entre 2007 et 2017, pas moins de 50 milliards de dollars auront été investis dans le secteur portuaire africain. Avec une croissance annuelle de 7 % des trafics maritimes et des volumes d’échanges multipliés par quatre, stimulés notamment par l’Asie, l’Afrique suscite un regain d’intérêt.

En une dizaine d’années, la plupart des terminaux du continent sont ainsi passés sous le contrôle d’opérateurs privés : l’Afrique représente désormais 5 % du commerce maritime mondial et 2 % du trafic conteneurisé de la planète. La majorité des terminaux à conteneurs sont gérés sous forme de partenariats public-privé dont les critères ont été définis par la Banque Mondiale. La plupart des ports africains ayant consenti ces investissements ont pu rattraper leurs retards en quelques années, tant au niveau des normes internationales pour améliorer la productivité que de leur rentabilité et de leur compétitivité.

Une politique portuaire, mais pas que !

Toutefois, une politique portuaire efficace ne se limite pas au seul volet maritime. La composante terrestre revêt un caractère essentiel. Historiquement, les ports africains ont été bâtis au coeur même des villes mais les croissances urbaine et démographique les ont rendus obsolètes et inadaptés. Le défi sous-jacent au développement du secteur portuaire africain consiste d’une part à désengorger les villes en favorisant l’implantation de ports sur de nouveaux sites et, d’autre part, à développer tout un tissu d’infrastruc­tures dans leur hinterland. Au-delà du choix du site pour implanter un port, la nécessité d’établir les connexions avec un réseau routier développé, un réseau de chemin de fer ou des plateformes logistiques ne peut que renforcer l’attrait d’un port africain par rapport à un autre.

La compétition féroce dans laquelle se sont lancés tous les ports africains, mettant parfois en concurrence frontale des pays limitrophes, pose la question de la pérennité de tous ces ports. En plus d’offrir des coûts avantageux ainsi qu’un emplacement et un hinterland intéressants, les ports doivent répondre à quatre caractéristiques essentielles : pour s’imposer dans la jungle portuaire actuelle, les plus performants seront ceux qui allieront un tirant d’eau suffisant pour recevoir les navires de dernière génération, une superficie disponible pour entreposer des volumes de marchandises considérables, un marché régional significatif aux portes mêmes du port-relais et enfin la stabilité politique du pays.

Les opérateurs privés, notamment les majors, qui ont longtemps délaissé l’Afrique en raison du faible attrait économique de ports souvent vétustes, ont compris que leur intérêt consistait à y investir durablement. Plus que jamais, le secteur portuaire africain est appelé à jouer un rôle majeur dans le développement du continent.

Toutefois, l’offre maritime pour l’Afrique est encore loin d’être excédentaire. Entre le déséquilibre récurrent des volumes importés et exportés – gonflé par le ralentissement des économies dépendantes des ressources naturelles – et l’explosion de la capacité des soutes, Drewry estime que le taux de charge­ment des navires « ne dépasse parfois pas 56 % ».

C’est à se demander si les compagnies gagnent encore de l’argent sur certaines escales. Et le phé­nomène pourrait s’amplifier. L’Afrique a encore d’énormes besoins. Mais, au rythme actuel, et à mesure que la concurrence s’intensifiera entre des compagnies leaders qui tentent de limiter leurs pertes et une meute de poursuivants exclus des sillons est-ouest par manque de moyens, l’offre pourrait bien dépasser la demande. Heureusement, le potentiel du continent semble ne pas devoir connaître de limite.

L’arrivée programmée de mégaports de nouvelle génération au Nigeria ou sur la côte orientale, en Tanzanie et au Kenya, pourrait justifier la mobilisa­tion de telles capacités. Sans oublier l’ouverture de lignes sur des voies encore inédites avec un marché aussi gigantesque que celui de l’Inde.

L’avenir s’annonce donc peut-être moins sombre qu’aujourd’hui, même si, concernant l’Afrique, il n’est certainement pas aussi prometteur que les armateurs veulent le croire. Ils sont de toute manière habitués aux incertitudes d’un secteur qui vit au rythme des soubresauts de l’économie mondiale et trouvent toujours les ressources nécessaires pour s’y adapter. Voire les anticiper. Tout est question de capacité.

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