Des Unités d’Inflammation des Fumées conteneurisées

C’était sa première intervention. Yann, pompier de 16 ans, est mort alors qu’il intervenait sur un incendie à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) en tant que pompier volontaire. Le jeune homme assurait sa mission aux côtés d’un sous-officier professionnel de 35 ans qui a lui aussi perdu la vie. Cette histoire dramatique est loin d’être la seule, chaque année des pompiers risquent leur vie pour sauver leur prochain. C’est pourquoi de plus en plus de SDIS s’équipent d’Unité d’Inflammation des Fumées.

Les risques encourus par les pompiers lors des interventions incendies

En 2017, les sapeurs-pompiers ont effectué plus de 4.600.000 interventions, dont 306 600 interventions incendies. Lors de ces interventions les risques d’intoxication et de brûlures sont élevés.

Les gaz toxiques dégagés lors des incendies sont classés en deux grandes catégories :

  • Les gaz asphyxiants comme les cyanures, l’hydrogène sulfuré et les oxydes de carbone entraînant une dépression du système nerveux central
  • Les gaz irritants comme le chlore et ses dérivés, les aldéhydes et les dérivés de l’azote entraînant des lésions caustiques des muqueuses respiratoires.

Il en va sans dire qu’au cours de ces interventions les pompiers encourent tous ces risques pour nous sauver et il arrive malheureusement que certains se blessent ou même y laissent leur vie.

Entre 2010 et 2018, 84 pompiers ont perdu la vie au cours de leurs interventions, un tiers d’entre eux sont décédés lors d’interventions incendies. (Voir tableau / graphique ci-après)  

Pompiers décédés et décès liés au feu (2010 – 2018)
Décès liés au feu par rapport aux pompiers décédés (2010 – 2018)

Savoir anticiper et maîtriser toutes les situations, potentielles déflagrations, présence de gaz toxique, etc. est primordial pour réduire ces chiffres. C’est pourquoi la plupart des SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours) forment leurs pompiers à toutes ces situations à l’aide d’Unité d’Inflammation de Fumée (UIF).

Qu’est-ce qu’une Unité d’Inflammation des Fumées ?

Cet outil à foyer fermé permet de simuler toutes les phases de développement d’un feu urbain. Il permet de reproduire les conditions d’un incendie dans un bâtiment et de les moduler en fonction des différentes situations auxquelles les pompiers sont confrontés sur le terrain. Il s’agit avec ce simulateur de former les sapeurs-pompiers à la lecture du feu, et leur donner ainsi le comportement à suivre, en adoptant les bonnes techniques de progression et d’extinction de feu.

L’UIF permet de réaliser différents scénarios au plus proche de la réalité, grâce aux multiples ouvertures. Son foyer isolé offre la possibilité de créer à la demande l’ensemble des phénomènes thermiques souhaités, tout en les maîtrisant complètement. La conception de l’UIF contribue à un confort et une sécurité optimale des stagiaires, en toutes circonstances. Enfin, L’isolation du foyer garantit un fonctionnement avec une quantité très faible de bois non-traité limitant ainsi le rejet de fumée dans l’environnement.

Les Avantages de L’UIF

●      Comportement réel durant l’incendie

Il est possible d’observer la progression réelle de l’incendie depuis la mise à feu jusqu’au dégagement et à l’embrasement des fumées et de s’entraîner à adopter les comportements adéquats et les différentes méthodes d’extinction du feu.

●      Une méthode d’entraînement éprouvée

L’entraînement se fait selon une méthode éprouvée : Un incendie est alors allumé à l’aide de bois à brûler dans la partie du simulateur dédiée au foyer. L’intensité de propagation du feu dans le caisson est commandée par le débit d’induction de l’air en ouvrant les portes d’accès ou en actionnant le clapet d’aération.

●      Détecter les signes d’un embrasement généralisé

Un embrasement généralisé se produit rarement. Néanmoins, quand cela arrive, l’adoption d’un comportement adéquat permet de sauver des vies. Avec l’UIF, les élèves apprennent à détecter les signes annonciateurs d’un embrasement généralisé.

La vidéo en lien ci-après, réalisée par le SDIS de Vaucluse à Carpentras, présente clairement ce phénomène et son étude, en caisson container :

●      S’habituer à la chaleur – l’acclimatation

À l’intérieur du conteneur où se produit l’embrasement généralisé, les températures peuvent atteindre 650 °C dans la partie supérieure. Les pompiers peuvent y éprouver la chaleur d’un incendie réel en toute sécurité.

Le rôle du container maritime pour l’UIF

Il existe des UIF très complexes qui peuvent modéliser un immeuble complet avec ses couloirs, ses pièces confinées, ses escaliers, etc.

Des caissons d’entraînements UIF plus simples, dédiés à l’observation des phénomènes thermiques, peuvent être conçus sur la base de containers maritimes pour leur aspect robuste et leur résistance accrue au feu. Le caisson UIF ContainerZ se présente de la manière suivante (un schéma d’ensemble est présenté ci-après).

  • La partie feu représente une zone d’environ 2.5m x 2.5m totalement isolé, sol surélevé en briques réfractaires. Il y est brûlé 3 palettes (non-traitées) par brûlage.
  • La porte séparative entre la zone de feu et la zone d’observation est une porte en acier. La porte est manipulée par le formateur.
  • La partie observation peut être isolée de façon « classique », cette isolation ayant pour objet d’empêcher les fumées de refroidir trop vite.
  • Les modules UIF ContainerZ peuvent être adaptés à tout besoin spécifique.
Modélisation du caisson entrainement UIF

Ce qu’il faut retenir…

L’Unité d’Inflammation des Fumées est un outil pédagogique important pour la sécurité des intervenants en zone d’incendie en milieu confiné, il permet de confronter les pompiers à des situations réelles sans prise de risques.

Le container maritime, de par sa conception et ses volumes, peut répondre de manière économique, efficace et mobile à cette nécessité. N’hésitez pas à consulter notre article sur la résistance au feu des containers maritimes pour en savoir plus.